Les émissions du scope 3 sont souvent celles qui pèsent le plus lourd dans l’empreinte carbone des entreprises, et les Achats sont directement concernés. Quels types d’émissions sont incluses dans le scope 3 ? Quelle stratégie pour réduire ces émissions à travers les achats ?
Définition : qu’est-ce que le scope 3 ?
Pour accélérer leur décarbonation, les entreprises doivent mesurer et suivre leur empreinte carbone à travers trois scopes. Un scope est une catégorie permettant de quantifier les émissions de gaz à effet de serre émises par une organisation lors de la réalisation d’un bilan carbone. Le scope 1 concerne les émissions directes, le scope 2 concerne les émissions indirectes liées à l’énergie, tandis que le scope 3 inclut toutes les autres émissions.
Parfois considérée comme une catégorie « fourre-tout », le scope 3 représente pourtant la majorité des émissions dans de nombreuses organisations. Une grande partie de ces émissions sont directement liées à l’achat d’une marchandises ou de services à des fournisseurs.
Quels sont les différents scopes d’un bilan ?
Le Protocole sur les Gaz à Effet de Serre, aussi appelé GHG protocol, est à l’origine des trois scopes des émissions GES. Ce protocole fournit un cadre et des exigences pour aider les entreprises et organisations à mesurer et contrôler leurs émissions GES.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, les 3 scopes ont été remplacés par 6 nouvelles catégories. Cependant, le terme de scope reste encore largement employé.
Les émissions directes : Scope 1
Les émissions de scope 1 correspondent aujourd’hui à la catégorie 1 (émissions directes). Il s’agit de toutes les émissions directement émises par l’entreprise, lors du processus de fabrication, par exemple. Le scope 1 inclut les émissions suivantes :
- Sources fixes de combustion
- Sources mobiles à moteur thermique
- Procédés hors énergie
- Emissions directes fugitives
- Emissions issues de la biomasse (sols et forêts)
Les émissions indirectes liées à l’énergie : Scope 2
Les émissions de scope 1 correspondent à la catégorie 2 qui comprend toutes les émissions indirectes associées à l’énergie :
- la consommation d’électricité
- la consommation de vapeur, chaleur ou froid
Les émissions indirectes autres : Scope 3
Les émissions du scope 3 correspondent à 4 catégories d’émissions indirectes associées au transport, aux produits achetés, aux produits vendus, et aux autres émissions indirectes. Selon le GHG Protocol, le scope 3 inclut 16 sous-catégories :
- Emissions liées à l’énergie non incluse dans les catégories 1 et 2
- Achats de produits et de services auprès de fournisseurs
- Immobilisation des biens
- Déchets
- Transport de marchandise amont
- Déplacements professionnels
- Actifs en leasing amont
- Investissements
- Transport des visiteurs et des clients
- Transport des marchandises aval
- Utilisation des produits vendus
- Fin de vie des produits vendus
- Franchise aval
- Leasing aval
- Déplacement domicile travail
- Autres émissions indirectes.
Qui est concerné par le scope 3 ?
Depuis le 1er janvier 2021, il est obligatoire d’intégrer les émissions liées au scope 3 dans le bilan carbone complet. Ce bilan permet d’évaluer les émissions générées par l’activité d’une entreprise ou d’une organisation. La réalisation d’un bilan carbone n’est obligatoire que pour les entreprises soumises au bilan GES réglementaire. Il s’agit d’un bilan carbone simplifié qui ne prend pas en compte le scope 3. Le BEGES est obligatoire pour :
– les entreprises de plus de 500 salariés
– les établissements publics de plus de 250 agents
– les collectivités locales de plus de 50 000 habitants
– les Services de l’Etat
– les entreprises de 50-250 salariés bénéficiant du Plan France Relance, bilan carbone simplifié réalisé avant fin 2023
Par ailleurs, les sanctions financières ont été augmentées pour les organismes qui ne respectent pas cette obligation.
Pourquoi prendre le scope 3 en considération ?
Pour la majorité des organisations, les émissions du scope 3 représentent la majeure partie de leurs émissions. Même si leur intégration n’est pas obligatoire pour les entreprises soumises au BEGES, elle est tout de même recommandée. En ne les prenant pas en compte votre organisation n’est pas totalement transparente et vous risquez de tomber dans le travers du « greenwashing ». Mesurer les émissions du scope 3 est indispensable si vous souhaitez réaliser un bilan carbone complet le plus proche de la réalité.
Le rôle des Achats dans la réduction des émissions carbone
Bien qu’à terme tous les services des organisations doivent participer aux objectifs de décarbonation, les Achats sont bien placés pour être le fer de lance sur la réduction des émissions indirectes. D’une part, la réduction des émissions de scope 3 est indispensable étant donné leur poids dans l’empreinte carbone des entreprises, mais ces dernières ont également intérêt à ce que leurs fournisseurs les suivent dans cette démarche. Il est donc préférable de commencer dès maintenant à favoriser progressivement la réduction des émissions chez ses fournisseurs pour qu’elles puissent s’adapter à ces évolutions.
Il est nécessaire d’agir sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et d’embarquer toutes les parties prenantes, aussi bien les plus grandes structures que les plus petites qui représentent souvent la majeure partie des émissions. La plupart des organisations sont peu matures sur ces sujets, et il sera plus facile d’accompagner le changement chez votre fournisseur que de trouver un nouveau fournisseur qui corresponde à vos attentes sur ces sujets.
De plus, les actions liées à la décarbonation des achats rejoignent souvent d’autres priorités des organisations, à savoir la réduction des coûts et la conformité avec la réglementation. Le fameux principe de « Know your supplier » s’applique parfaitement ici. Pour cela, les achats ont besoin des données nécessaires.
Comment réduire ses émissions de scope 3 ?
La tâche n’est évidemment pas simple, mais il est possible de réduire leurs émissions à travers une politique d’achat à faible intensité carbone :
- challenger les besoins d’achats des prescripteurs dès leur apparition et garder en tête que le meilleur achat est celui qu’on ne fait pas.
- intégrer des critères environnementaux ;
- privilégier les fournisseurs qui ont une meilleure empreinte carbone ;
- mettre en place les méthodes et outils pour collecter et analyser les données liées à l’empreinte carbone sur les fournisseurs ;
- développer un accompagnement et de projet commun avec les fournisseurs pour réduire les émissions ;
- favoriser le recyclage, le réemploi et la réutilisation dans le cadre de l’économie circulaire.
Évidemment, vous pouvez privilégier une approche plus responsable au moment du sourcing pour choisir des solutions locales et des fournisseurs ayant déjà mis en place des initiatives en faveur du développement durable. Sur Silex, vous pouvez retrouver de nombreuses données allant dans ce sens et rechercher des prestataires socialement et écologiquement responsables. D’ailleurs, les deux vont parfois de pair. Par exemple, de nombreuses EA, ESAT ou SIAE intègrent déjà une dimension environnementale à leur activité.
Comment connaître l’empreinte carbone de son fournisseur ?
Il existe deux scénarios possibles. Soit votre fournisseur/prestataire a déjà évalué son empreinte carbone. Dans ce cas, vous pouvez vous demander si ce suivi répond à vos attentes. Pour le savoir, vous pouvez leur demander d’évaluer leur bilan carbone, mais également quels sont les scopes intégrés ainsi que les actions de réductions des émissions qui ont été mises en place.
Certaines entreprises partagent directement leurs données sur leur site internet, dans leur rapport RSE ou bien sur le site de l’ADEME, lorsque celles-ci sont soumises au BEGES. D’ailleurs, vous pouvez également retrouver ces données sur Silex à travers notre solution achats.
Deuxième cas de figure, votre fournisseur ne dispose pas de ces données. Dans ce cas, vous pouvez lui demander de faire une première estimation carbone auprès de services spécialisés.
Envie de développer des achats plus responsables ? Silex peut vous aider grâce à ses solutions uniques basées sur la donnée. Pour en savoir plus, consultez notre site ou contactez-nous directement pour être mis en relation avec un de nos experts !
Sources :

